Avant la frontière [Pologne-Russie]

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Avant la frontière [Pologne-Russie]

Certaines idées semblent bonnes jusqu'à ce qu'on les mette en pratique. Rouler jusqu'à la frontière russe pour la regarder, de loin, nous enthousiasmait depuis qu'on l'avait décidé. Nous avions choisi la route du nord, pour voir.

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Écrivains-voyageurs [Istanbul]

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Écrivains-voyageurs [Istanbul]

Istanbul autant de fois que les doigts de la main.
Un nom étoile filante dont la traînée porte avec elle des images - une basilique dorée et des mosquées de faïence bleue, la prison des femmes d'un harem d'un autre temps, des collines et des collines de maisons, des femmes en noir seules dans les rues au petit matin.

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Perte d'apesanteur [Paris]

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Perte d'apesanteur [Paris]

Je vais parfois dîner chez elle, tout en haut d'un immeuble haussmanien du neuvième arrondissement, dans le Paris des larges avenues mais dans une rue étroite à sens unique et pavées de menus pavés d'un gris presque noir. Le digicode ouvre un passage dans l'ancienne porte cochère monumentale…

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Cadeau d'île [Santorin]

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Cadeau d'île [Santorin]

On ne pas ressentir la fatigue, malgré le sac lourd sur le dos, malgré la chaleur, malgré la marche, quand on est sur ce sentier-là, quand on fait lien entre deux point de cette île en longeant la mer.

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À force de me perdre [Santorin]

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À force de me perdre [Santorin]

Quand j’arrive sur le quai, j’ai les jambes frêles comme le cœur, tout tremble. La foule s’éparpille entre bus et taxis. La place se vide sauf de la mer et je reprends mon souffle au soleil d’un café coincé contre le flanc de la falaise.

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la demande [Inde]

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la demande [Inde]

il (qui ? le temps délave l’inutile) m’emmène vers eux, me fraie un passage jusque dans cette foule compacte
ma peau tranche contre leurs peaux sombres, mon shalwar kameez fusionne avec les leurs
nous passons une porte
parmi eux, à travers eux 

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seule dans le train [France]

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seule dans le train [France]

(il y a encore des compartiments pas de climdes fenêtres qu'on ouvre en granden demandant aux cinq autres personnes si elles sont d'accord
sinon on va dans le couloir
et on laisse ses cheveux s'agiter dans les courants d'air)

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REVENIR [USA-France]

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REVENIR [USA-France]

C'est le temps des derniers. La dernière semaine, la dernière fois qu'on sera allé à la piscine, le dernier repas entre amis, le dernier jour, la dernière fois qu'on utilisera les bodyboards, la dernière soirée, la dernière photo, la dernière nuit, le dernier sms, le dernier au revoir.
Le billet d'avion acheté il y a un an servira pour de bon. Le visa s'arrête dans moins de deux jours.

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Partir

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Partir

l'élan du départ
concentré dans le premier train
ou plutôt
dans la première poignée de main
ou plutôt

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Échappée belle [Géorgie]

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Échappée belle [Géorgie]

Ancienne station thermale de l’époque de l’URSS. Seul un petit établissement avait résisté au temps, blotti entre la rivière et la falaise, une pièce pour les thermes, une autre pour les lits de camp. Quatre filles. On est parties sur le sentier d’un monastère dans ce coin reculé de Géorgie. Montagne. Herbe rase, quelques arbres. Au milieu du chemin, un vieil homme s’est approché.

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Pourquoi là-bas? [Iran]

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Pourquoi là-bas? [Iran]

Pourquoi vous voulez aller là-bas? me demande l'homme sérieux derrière son comptoir, ses yeux noirs posés sur les miens, cherchant en dedans des réponses différentes de celles que ma bouche s'apprête à lui donner mais qu'elle conserve le temps d'une réflexion, comme prise de cours.
Oui, pourquoi au juste ai-je envie d'aller en Iran?

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L'auberge londonienne [GB]

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L'auberge londonienne [GB]

Elle habite entre Archway et Highgate, près du parc sauvage de Hampstead qui surplombe la ville, où l'on peut s'asseoir au pied d'un chêne ou d'un érable, être fouetté.e par le vent pas tendre de la région, les mains enfoncées dans les poches, la tête au besoin sous une capuche, et observer, l'air content et le corps transi, les pointes des buildings de la City sous la pluie.

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Il ne faudrait pas

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Il ne faudrait pas

Il ne faudrait pas s'attacher aux objets. Je le sais, et puis c'est bien connu.
La philisophie bouddhiste le prône, l'hindouiste aussi sûrement, la sagesse populaire le rappelle, même le bon sens.
Il ne faudrait pas s'attacher aux objets.
Mais est-ce si simple?

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Voyage estudiantin

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Voyage estudiantin

L'immeuble est imposant. L'entrée également. Pour prévenir. Pour menacer aussi sûrement. Le poids du savoir érigé en verre opaque, des miroirs (aux alouettes?) dans lesquels la ville se réverbère, dans lesquels nous nous réverbèrons tous.

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C'est arrivé deux fois

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C'est arrivé deux fois

C'est arrivé deux fois. La première à Thessalonique, la seconde à Téhéran. Ça a commencé dans le ventre, coeur des émotions, et puis ça a atteint la tête en remontant le corps comme une vague.

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Voyage en balançoire

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Voyage en balançoire

Je me suis installée sur le siège P24, vide, rouge. Comme dans un train, j'ai demandé qui était sur le O20, ma place ; comme dans un train, on m'a dit que je m'étais trompée de wagon. J'étais dans la mauvaise rangée, j'y suis restée.

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Le sentier des dieux [Italie]

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Le sentier des dieux [Italie]

on n'invente pas des noms comme ceux-là
trop longtemps qu'ils existent
mâchonnés par des gens qui n'avaient pas de lettres en main
que la terre en bottes séchées entre leurs doigts calleux

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le choix stupide de nos vingt ans [Portugal]

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le choix stupide de nos vingt ans [Portugal]

c’était un choix stupide comme on en fait à vingt ans
un choix sans songer aux conséquences, parce qu’on ne pense qu’à l’instant, à l’infini présent
un peu comme on fait l’amour sans préservatif, juste pour la beauté du geste
ou comme on mange du chocolat, jusqu’à en avoir mal au foie
tirer à la courte paille : conséquences inoffensives, conséquences offensives

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l'orange du jour [Mada]

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l'orange du jour [Mada]

La nuit, on entend les rats courir le plafond, leurs petites pattes gratter le toit
On resserre la moustiquaire, on la coince sous la paille autant qu'on peut - comme si la toile fine pouvait empêcher les rongeurs de s'approcher
On se réveille avec le jour, quand les rayons chauds entre dans le cube de béton
On se couche presque avec la nuit, le dîner s'étend parfois à la bougie

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